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    Agression sexuelle sur mineurs

    Le 05 juin 2009
    Article du Journal de la Réunion du samedi 29 mars 2008 Faits-Divers “J’avais 6 ans…” CLICANOO.COM | Publié le 29 mars 2008 Deux ans de prison ferme pour un quinquagénaire jugé par le tribunal correctionnel pour agression sexuelle et corruption de mineurs sur internet. Les victimes étaient des gamines. Toutes les activités humaines demandent de la patience. Et les magistrats de l’audience correctionnelle du vendredi, au palais de justice de Champ-Fleuri à Saint-Denis, ont pris le temps nécessaire pour, d’une part, mettre le prévenu face à ses propres contradictions et incohérences et d’autre part, pour bien faire prendre conscience aux enfants blessés et traumatisés qu’ils étaient bien les victimes d’un adulte malade. Martial Devillers, 56 ans, est né en métropole. Depuis son départ à la retraite, le quinquagénaire “aidait”, selon ses propres termes, son épouse dans la gestion d’un snack-bar, situé face à un collège dans les hauts de Saint-Paul. Une activité qu’il menait encore jusqu’à sa condamnation. Ce jour-là, il, comparaissait pour agression et corruption de mineures de moins de 15 ans. Deux pères, dont l’un était le meilleur ami du prévenu, sont à l’origine du déclenchement de la machine judiciaire. L’un des papas découvre au mois de juin 2007 que sa fille âgée de 11 ans s’est confiée à sa mère. L’enfant relate à sa maman que le meilleur ami de papa se balade nu devant elle et sa cousine. La première fois, la scène s’est déroulée au domicile même du prévenu. Les parents de la victime et le prévenu résidaient en fait dans la même maison. Martial Devillers occupait le rez-de-chaussée et entretenait un rapport de grande confiance avec la famille de ses victimes. La petite famille et Martial Devillers, accompagné de son épouse, menaient des activités de loisirs de façon commune. Des sorties à la plage, à la rivière pour pratiquer du canyoning. Au domicile, le quinquagénaire profitait également du téléviseur de ses voisins pour regarder les matches de rugby. L’enquête et les débats au tribunal, ont permis de démontrer que Martial Devillers a profité de toutes ces occasions pour commettre des attouchements sur l’une des filles, se masturber, ou encore montrer son sexe. A la barre du tribunal, le prévenu va tout juste admettre les accusations d’exhibitionnisme : “J’avais tendance à me promener nu, il n’y a pas de problème mais les attouchements, non”, consentait-il face au président Morgan et de ses deux assesseurs. Quant aux victimes, elles ont été vues par un psychiatre. Ce dernier est formel, les deux enfants ne présentent pas de tendance à l’affabulation. L’une des deux filles, celle qui a subi des attouchements, garde encore des stigmates de l’agression, souligne le psychiatre. A l’éclairage des débats, il apparaît également que si le prévenu admet désormais “souffrir d’exhibitionnisme” , c’est notamment après avoir été confronté à son propre blog sur internet. Le prévenu avait incrusté une photo alors qu’il posait nu. Il s’est même fait passer pour une fillette de 11 ans, pour dialoguer avec une collégienne du même âge par MMS. Là encore, c’est l’abnégation du père de la collégienne qui a permis à la justice de mener à bien son action. A la question du président du tribunal “Pourquoi avez-vous effacé votre disque dur ?”, le prévenu a répondu : “Il plantait régulièrement.” Grâce au travail d’un expert en informatique, payé par les parents de la collégienne, les enquêteurs ont eu accès à la teneur des dialogues échangés entre le quinquagénaire et la fille de 11 ans : “Tu peux passer au snack, tu connais beaucoup de choses pour une fille de 11 ans… je suis un gros animal poilu.” “Derrière chaque mot, il y a la volonté de culpabiliser les victimes”, soulignait l’avocat de la partie civile, Me Etienne Lesage, en présence des victimes et de leurs parents. Face à lui, la défense, représentée par Me Béatrice Bérenger, tentait l’argument, de la “parole de l’un contre l’autre”. Le ministère public, représenté par le substitut du procureur, Daniel Braud, utilisait l’expression “les loups sont dans la bergerie…”, avant de souligner que le prévenu n’avait pas tiré les leçons du passé. En effet, en 2005, Martial Devillers avait été placé en garde à vue pour exhibitionnisme sur la plage de Boucan-Canot. A l’époque, la parole de plusieurs enfants n’avait pas pesé lourd. Deux ans de prison ferme, mandat de dépôt à l’audience, obligation de soins et d’indemniser les victimes, inscription au fichier judiciaire d’infraction sexuelle. “Vous êtes quelqu’un de dangereux pour les enfants”, lui a précisé le tribunal

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