"La justice est le premier droit reconnu à l'homme" Charles Péguy

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    Le Palais de justice de Nantes prend l'eau

    Le 12 février 2010

    Le Tribunal de Grande Instance de Nantes prend l’eau. La salle des pas perdus reçoit la pluie. Jean Nouvel, l’architecte, incrimine les sous-traitants. Il précise que la plupart des grands architectes renoncent à se lancer dans de grands projets en France en raison de la baisse constante de qualification de la main d’œuvre.

                On voit souvent certains bâtiments de prestige construits depuis deux décennies couverts d’un filet, comme l’Opéra Bastille,  pour empêcher la chute de plaques de revêtements. Ici pointe la responsabilité de l’architecte et/ou de son commanditaire : la technique du revêtement dissimule, au propre comme au figuré, et l’absence de consistance des bâtiments et la mauvaise qualité du revêtement lui-même. En France, la politique du tout béton, ancrée dans l’architecture française depuis un siècle, et par l’Histoire (le pays de la pierre (de taille) a vu dans le béton son continuateur en force et en masse) et par des considérations économiques (le béton est moins cher que l’acier).

                Ainsi, sur du mauvais béton appelé à être recouvert par un revêtement, on plaque, on colle, on agrafe, avec des matériaux généralement de peu d’épaisseur, qui laissent des jours aux jointures et qui ne peuvent s’ancrer dans le sol sous peine de se briser. C’est pourquoi toutes ces constructions « recouvertes » donnent l’impression, avec un revêtement de façade qui s’interrompt avant le sol, de ne pas reposer sur celui-ci. Une impression de toc.

                Pourtant on recouvre  le béton par souci d’esthétisme. Car le béton en lui-même est laid. Il ne peut prendre de l’allure que par des procédés complexes et coûteux de huilage,de ponçage, de frottage ou d’enduit : un peu comme on réussit un beau crépi, on peut réussir un beau béton, mais à force de travail, de temps, et par-là d’argent.

                Un mauvais béton dissimulé par un mauvais revêtement produit un effet esthétique catastrophique.

                La France, pays de la tour Eiffel, n’utilise pas, ou très peu, hélas, la structure métallique, qui permet de donner aux architectes une grande liberté dans le choix de la façade, façade qui alors existe par elle-même, qui est le corps même de face du bâtiment, et non un corps collé, et qui permet au revêtement, qui doit vivre de matière et d’épaisseur, de prendre assise sur le sol sans peur de se fendre. De plus, l’acier est contrairement au béton une matière belle, qui est belle à l’état brut.

                Imagine-t-on la tour Eiffel en béton ? 

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